L’AARO traite désormais plus de 2 000 rapports de phénomènes aériens non identifiés, soit une hausse de 400 cas depuis fin 2024. Le secrétaire à la Défense Pete Hegseth confirme la volonté du Pentagone de déclassifier ces dossiers.
Les chiffres parlent d’eux-mêmes : le Bureau de résolution des anomalies tous domaines (AARO) du Pentagone gère aujourd’hui un portefeuille de plus de 2 000 cas de phénomènes aériens non identifiés (UAP), marquant une augmentation substantielle de 400 rapports depuis la dernière communication officielle fin 2024. Cette inflation du nombre de signalements intervient dans un contexte politique particulier, avec la promesse du président Trump de déclassifier l’ensemble des dossiers gouvernementaux sur les UAP.
Une charge de travail en expansion constante
Selon les déclarations du secrétaire à la Défense Pete Hegseth, rapportées par Defense Scoop le 25 février 2026, cette progression témoigne d’une « sensibilisation accrue » des témoins militaires et civils aux procédures de signalement. L’AARO, créée en 2022 pour centraliser l’analyse des UAP, avait précédemment communiqué sur un corpus de plus de 1 600 rapports. Cette nouvelle estimation de 2 000+ cas confirme la tendance observée depuis le lancement de l’agence.
Toutefois, la réalité opérationnelle demeure complexe. Environ 1 000 de ces rapports souffrent d’un manque critique de données exploitables pour une analyse approfondie. Ces dossiers « incomplets » sont conservés dans les archives actives de l’AARO, susceptibles d’être rouverts si des informations complémentaires émergent. Cette situation illustre l’un des défis majeurs de l’agence : transformer des témoignages souvent partiels en données scientifiquement exploitables.
L’engagement de déclassification de l’administration Trump
Pete Hegseth a confirmé que le Pentagone sera « en pleine conformité avec cet ordre exécutif » de déclassification, se déclarant « impatient de le fournir au président ». Cette directive s’inscrit dans la continuité des déclarations de février 2026, où l’administration Trump annonçait sa volonté de lever le voile sur les archives gouvernementales concernant les UAP.
La représentante Anna Paulina Luna a d’ailleurs formalisé cette démarche en demandant au Pentagone la remise de 46 fichiers vidéo UAP classifiés avant le 14 avril 2026. Cette échéance rapprochée témoigne de la pression politique exercée pour accélérer la transparence sur ce dossier sensible.
Un retard inquiétant dans la communication officielle
Paradoxalement, l’AARO n’a toujours pas publié son rapport annuel 2025, malgré l’obligation légale imposée par le Congrès. Le dernier document officiel couvrait la période de mai 2023 à juin 2024, rapportant 757 nouveaux cas. Cette lacune documentaire contraste avec l’inflation des chiffres communiqués officieusement et soulève des interrogations sur la capacité de l’agence à honorer ses obligations de transparence.
Le deuxième volume du rapport historique sur l’implication gouvernementale avec les UAP demeure également en attente, alimentant les spéculations sur les raisons de ces retards successifs.
La persistance du défi d’identification
Malgré l’ampleur de la base de données constituée, les responsables de l’AARO maintiennent leur position officielle : aucune preuve ne démontre que les rapports UAP impliquent des activités ou technologies extraterrestres. Cette conclusion, régulièrement réaffirmée, fait l’objet de critiques dans la communauté scientifique.
L’astrophysicien Avi Loeb, directeur du projet Galileo à Harvard, questionne ouvertement la sincérité de ces conclusions, suggérant que certains UAP pourraient être d’origine terrestre mais issus de nations adverses. Son projet, qui opère désormais trois observatoires dédiés à la détection d’objets atmosphériques anormaux, propose une approche scientifique indépendante complétant les efforts gouvernementaux.
Un contexte sécuritaire préoccupant
Cette montée en puissance des signalements UAP intervient dans un climat sécuritaire tendu, marqué par une recrudescence d’incursions de drones non autorisés sur les bases militaires américaines. Les incidents récents à Barksdale Air Force Base en mars 2026, impliquant des vagues de 12 à 15 drones aux caractéristiques non-commerciales et résistants au brouillage, illustrent la complexité du paysage aérospatial contemporain.
L’année 2026 s’annonce décisive pour la transparence gouvernementale sur les UAP. Entre les promesses de déclassification, l’explosion du nombre de cas traités et les pressions parlementaires, l’AARO devra démontrer sa capacité à concilier rigueur scientifique et exigences démocratiques de transparence. Les prochains mois révéleront si cette agence peut transformer l’accumulation quantitative de rapports en avancées qualitatives dans la compréhension des phénomènes aériens non identifiés.