Le NDAA 2026 impose au Pentagone de briefer le Congrès sur toutes les interceptions UAP depuis 2004

Pour la première fois, une loi américaine contraint le Pentagone à divulguer vingt-deux années d’opérations d’interception de phénomènes anormaux non identifiés. Le National Defense Authorization Act 2026 marque un tournant historique dans la transparence gouvernementale sur les UAP.

Adoptée par le Congrès américain en décembre 2025, la loi d’autorisation de défense nationale (NDAA) pour l’exercice 2026 contient une disposition sans précédent : elle exige du Pentagone qu’il informe les législateurs sur toutes les opérations d’interception de phénomènes anormaux non identifiés (UAP) menées depuis 2004 par les commandements militaires chargés de la défense de l’Amérique du Nord.

Cette mesure législative, d’un budget de 900,6 milliards de dollars, place la transparence UAP au cœur des préoccupations de sécurité nationale. Elle intervient dans un contexte d’augmentation alarmante des incursions aériennes non identifiées près d’installations militaires sensibles et d’infrastructures critiques américaines.

NORAD et Northcom sous pression législative

La nouvelle législation cible spécifiquement le Commandement de la défense aérospatiale de l’Amérique du Nord (NORAD) et le Commandement Nord américain (Northcom). Ces deux entités militaires intégrées font face à une recrudescence préoccupante de rapports d’incursions de drones non expliqués et d’UAP.

Selon le général Gregory Guillot, commandant de NORAD/Northcom, plus de 350 détections ont été rapportées sur 100 installations militaires différentes en 2024, représentant entre 1 à 2 incursions quotidiennes sur les installations du Département de la Défense. Ces chiffres soulignent l’urgence du problème et justifient la nécessité d’une approche législative contraignante.

Des obligations de transparence renforcées

La disposition du NDAA 2026 modifie les mandats antérieurs pour ordonner au directeur de l’All-domain Anomaly Resolution Office (AARO) de fournir au Congrès des briefings détaillés concernant « le nombre, l’emplacement et la nature » de toutes les interceptions UAP menées par les commandements concernés.

Les exigences vont au-delà de simples statistiques. La loi requiert également la communication des protocoles et procédures suivis lors de ces opérations, « y compris toutes les données collectées ou analysées lors de ces interceptions ». Cette formulation englobante vise à empêcher toute rétention d’information de la part du Pentagone.

L’AARO, devenu pleinement opérationnel en 2025 avec plus de 1 600 rapports UAP en portefeuille, développe actuellement un système de gestion de cas sécurisé sur le réseau JWICS pour traiter les informations classifiées. Cette infrastructure technique facilitera la transmission des données sensibles au Congrès.

Un contexte d’incidents récurrents

Cette obligation législative prend tout son sens au regard des incidents récents. L’affaire de Langley Air Force Base en décembre 2023, où 17 jours d’incursions de drones non identifiés ont défié les capacités de défense américaines, illustre la vulnérabilité des installations stratégiques.

Ces événements font écho aux cas historiques comme l’incident « Tic Tac » de 2004 au large de la Californie, désormais reconnu officiellement. Des témoins militaires continuent de rapporter des rencontres avec des objets aux caractéristiques de vol inexpliquées, souvent suivies de mesures disciplinaires qui découragent les signalements.

Une pression bipartisane croissante

L’adoption de cette mesure témoigne d’une pression bipartisane croissante pour la transparence. Des figures comme Christopher Mellon, président de la Disclosure Foundation, critiquent sévèrement l’AARO pour ne pas avoir rempli ses obligations statutaires, notamment la publication du volume 2 du rapport historique UAP et du rapport annuel 2025.

Mellon, qui a récemment déclaré que « le monde n’est pas prêt » pour ce que la divulgation révélera, poursuit ses efforts de lobbying aux côtés de Luis Elizondo auprès des représentants Luna, Burchett et Burlison pour pousser vers davantage de transparence.

Cette disposition marque la troisième mesure UAP majeure intégrée au NDAA annuel, confirmant l’institutionnalisation progressive de cette problématique au niveau législatif. Avec l’administration Trump déjà favorable au projet, l’application effective de ces mesures pourrait révéler des décennies de données jusqu’ici confidentielles sur les rencontres avec des phénomènes aériens non identifiés dans l’espace aérien nord-américain.

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