Le Département de la Défense américain n’a pas respecté la date limite du 14 avril fixée par la représentante Anna Paulina Luna pour divulguer 46 enregistrements vidéo militaires de phénomènes aériens non identifiés. La Maison-Blanche coordonne désormais la préparation de ces documents selon les autorités militaires.
Une demande de divulgation sans précédent
La lettre adressée le 31 mars au secrétaire de la Défense Pete Hegseth par la représentante républicaine Anna Paulina Luna constitue, selon les sources disponibles, « la demande de divulgation PAN la plus spécifique de l’histoire du Congrès ». Contrairement aux requêtes habituellement formulées en termes généraux, ce courrier nomme les fichiers vidéo individuels par titre, date, localisation et, dans certains cas, indicatif radio militaire.
L’échéance fixée au 14 avril est passée sans que le Pentagone ne fournisse les enregistrements demandés. Le Bureau de résolution des anomalies (AARO) du Département de la Défense posséderait déjà ces documents dans ses archives, d’après les informations communiquées par des sources internes.
Des objets aux caractéristiques variées
Les 46 vidéos réclamées montreraient, selon les descriptions fournies, des objets de formes diverses : sphériques, en forme de cigare, ainsi que des véhicules capables d’évoluer entre l’air et l’eau. Le matériel vidéo allègue que ces objets « effectuent des manœuvres qui défient la physique connue, opérant dans l’espace aérien militaire restreint ».
Parmi les éléments les plus remarqués figure un enregistrement présumé montrant un F-16 de la Garde nationale aérienne (indicatif AESIR11) tirant un missile AIM-9X sur un objet non identifié au-dessus du lac Huron le 12 février 2023. Cet incident s’est produit lors d’une période d’incursions aériennes accrues après l’épisode du ballon espion chinois, et pourrait représenter, si confirmé, le premier PAN abattu officiellement documenté.
Coordination inter-agences confirmée
Face aux accusations de dissimulation, le Bureau de la Défense a confirmé que l’AARO « travaille en étroite coordination avec la Maison-Blanche et les agences fédérales pour consolider les collections de dossiers PAN existantes ». Cette coordination vise à « faciliter la libération expéditive de matériel PAN jamais vu auparavant », selon le communiqué officiel.
Le président Trump avait dirigé en février 2026 un processus d’identification et de libération des dossiers gouvernementaux sur les PAN et les questions extraterrestres. Selon des sources proches du dossier, bien que le président puisse théoriquement déclassifier les images immédiatement, le processus est probablement traité par les agences pour garantir que les détails sensibles sont supprimés pour des raisons de sécurité nationale.
Un schéma de retards récurrent
Ce nouveau report s’inscrit dans un contexte plus large de méfiance publique alimentée par des retards répétés dans la divulgation de documents relatifs aux PAN. La charge de dossiers d’AARO a augmenté à plus de 2 400 rapports, selon les données disponibles.
Les responsables de la Disclosure Foundation ont à plusieurs reprises averti que les guides de classification interne du Département de la Défense ont été appliqués d’une manière incompatible avec les normes des décrets exécutifs. Comme le note Chris Mellon, ancien vice-secrétaire adjoint à la Défense pour le renseignement, la classification secrète des données visuelles PAN « classerait rétroactivement même les vidéos ‘Go Fast’, ‘Gimbal’ et ‘FLIR1’ de la Marine remises au New York Times en 2017 ».
Témoins et sous-signalement
Les vétérans de la Marine Ryan Graves et David Fravor ont décrit leurs rencontres avec des objets volants non identifiés lors d’une audition devant la Commission de contrôle de la Chambre. Graves a déclaré que « les PAN sont dans notre espace aérien » mais « essentiellement sous-signalés » et « ne sont pas rares ou isolés, ils sont courants ».
Selon Graves, environ 5% seulement des observations PAN sont signalées en raison du risque de conséquences professionnelles, les témoins étant principalement des pilotes de ligne commerciale ayant observé des PAN à 40 000 pieds « effectuant des manœuvres inexplicables ».
La suite du processus de divulgation dépendra désormais de la coordination entre la Maison-Blanche et les agences de sécurité, dans un équilibre délicat entre transparence et protection des informations sensibles selon les autorités concernées.