Le secrétaire à la Défense Pete Hegseth confirme que le Pentagone respectera l’ordre exécutif de Donald Trump sur la déclassification des dossiers UAP. Une annonce qui intervient alors que l’AARO révèle traiter désormais plus de 2 000 cas, soit 400 de plus qu’en fin d’année 2024.
La charge de travail de l’All-domain Anomaly Resolution Office (AARO) connaît une croissance spectaculaire. Selon Sue Gough, porte-parole du Pentagone, l’organisme gouvernemental américain chargé d’enquêter sur les phénomènes anormaux non identifiés examine désormais « plus de 2 000 cas UAP », marquant une augmentation d’au moins 400 rapports depuis la dernière communication publique de fin 2024.
Un engagement présidentiel sur le point de se concrétiser
Cette révélation intervient dans un contexte politique particulièrement tendu autour de la question UAP. Le 23 février 2026, Pete Hegseth, secrétaire à la Défense, a réaffirmé l’engagement du Pentagone à respecter la promesse de divulgation formulée par Donald Trump. « Nous allons nous conformer pleinement à cet ordre exécutif et nous sommes impatients de le fournir au président », a déclaré Hegseth, faisant référence à l’ordre présidentiel du 20 février demandant la déclassification des dossiers gouvernementaux sur les UAP et les extraterrestres.
La Maison Blanche laisse planer le mystère sur le calendrier précis de cette divulgation. Anna Kelly, porte-parole présidentielle, s’est contentée de répondre « Rester à l’écoute ! » accompagné d’un emoji extraterrestre, alimentant les spéculations sur l’imminence d’une annonce majeure. Cette communication inhabituelle fait écho à l’enregistrement par l’administration Trump des domaines alien.gov et aliens.gov en mars 2026.
Un millier de cas en attente de données
L’analyse des statistiques révélées par l’AARO soulève des questions importantes sur la nature des phénomènes rapportés. Parmi les 2 000 cas traités, environ 1 000 rapports « manquent de données suffisantes pour l’analyse » et sont conservés dans les archives actives de l’organisme. Ces dossiers peuvent être rouverts si des informations supplémentaires émergent, suggérant une approche méthodologique rigoureuse mais également les limites inhérentes aux témoignages et observations disponibles.
Pour gérer cette charge croissante, l’AARO développe un système de gestion de cas informatisé. Un atelier organisé en août 2025 avec des experts universitaires a identifié les principaux défis liés au traitement des données narratives UAP : classification complexe, barrières linguistiques et risques de désinformation par intelligence artificielle.
Des retards dans les obligations de transparence
Malgré cette activité intense, l’AARO accuse des retards significatifs dans ses obligations légales de communication. L’organisme n’a toujours pas publié son rapport annuel 2025 ni le deuxième volume de son étude historique sur l’implication gouvernementale avec les UAP. Ces retards interviennent alors que les Archives nationales ont commencé à publier une collection de documents UAP déclassifiés, conformément à la loi d’autorisation de défense nationale 2024.
Le directeur Jon Kosloski avait produit un briefing de mission en juin 2025, confirmant que seul « un très petit pourcentage des rapports UAP présente des signatures anomales ». Un rapport de 2025 mentionnait 757 nouveaux cas entre mai 2023 et juin 2024, avec 21 dossiers demeurant inexpliqués.
Pressions parlementaires croissantes
La pression politique s’intensifie également du côté du Congrès. La représentante Anna Paulina Luna, présidente du Task Force sur la Déclassification des Secrets Fédéraux, avait fixé une échéance au 14 avril 2026 pour la remise de 46 vidéos UAP spécifiques. Le non-respect de cette deadline par le Pentagone a été qualifié de « convenablement suspect » par l’élue, illustrant les tensions persistantes entre l’exécutif et le législatif sur cette question.
Cette demande faisait suite à une audition du 9 septembre 2025 où des lanceurs d’alerte avaient informé le Congrès que l’AARO possédait des enregistrements vidéo supplémentaires non divulgués.
Une communauté scientifique partagée
La réaction de la communauté scientifique reste mitigée face à ces développements. L’astrophysicien Avi Loeb de Harvard a salué l’initiative présidentielle, participant à 18 interviews télévisées le jour de l’annonce et proposant son expertise pour l’analyse scientifique d’éventuelles preuves. Il suggère notamment que des analyses isotopiques pourraient déterminer l’origine extraterrestre de matériaux récupérés.
Christopher Mellon, ancien secrétaire adjoint à la Défense, adopte une position plus prudente, soulignant que l’impact réel dépendra du suivi concret des promesses. Les marchés prédictifs évaluent actuellement à 26% la probabilité d’une confirmation officielle d’extraterrestres d’ici 2027.
Alors que l’AARO continue d’affirmer n’avoir découvert « aucune preuve démontrant que des rapports UAP impliquent des activités ou technologies extraterrestres », la convergence entre l’augmentation spectaculaire des cas traités et les promesses politiques de divulgation dessine un paysage inédit pour la recherche sur les phénomènes anormaux non identifiés.