Le 25 avril 2026, l’International Association for Near-Death Studies (IANDS) a organisé son symposium de printemps annuel, entièrement en ligne. Cet événement gratuit a réuni chercheurs, cliniciens et témoins autour de la recherche sur les EMI et leurs implications cliniques, particulièrement dans le contexte du suicide. Avec plus de 800 participants attendus pour sa conférence annuelle d’août prochain, l’IANDS consolide sa position d’institution scientifique de référence mondiale sur les états de conscience proches de la mort.
Fondée dans les années 1970 à la suite des travaux pionniers de Raymond Moody, l’IANDS poursuit son engagement scientifique rigoureux. Cette année, le symposium printanier a abordé l’intersection complexe entre expériences de mort imminente et suicide, un sujet délicat requérant une approche clinique, éthique et profondément humaine.
Un programme axé sur la dimension clinique de la recherche sur les EMI
Ainsi, l’édition 2026 a mobilisé quatre intervenants de premier plan. Susie Herrick, psychothérapeute spécialisée, a ouvert les discussions. Jeffrey Long, oncologue radiologue reconnu pour ses travaux sur les EMI, a apporté son expertise médicale. David Maginley, spécialiste des questions psychospirituelles, a exploré les dimensions existentielles de ces expériences. Enfin, Norman Klaunig, conseiller professionnel, a partagé son approche thérapeutique.
En outre, l’événement offrait une opportunité rare : cinq heures de crédits de formation continue pour 15 dollars, destinées aux professionnels de santé et éducateurs. Cette dimension pédagogique témoigne de la volonté de l’IANDS d’ancrer la recherche fondamentale dans la pratique clinique quotidienne.
William Peters et les expériences de mort partagée
Parmi les figures annoncées pour les événements 2026 de l’IANDS, William Peters occupe une place centrale. Ce psychothérapeute agréé dirige le Shared Crossing Project depuis 2011. Son organisation collecte et analyse méthodiquement les expériences de mort partagée (SDE), phénomènes où des proches vivent consciemment une partie du passage de l’agonisant.
Par conséquent, Peters a publié ses recherches dans l’American Journal of Hospice and Palliative Medicine. Il a développé les Shared Crossing Protocols©, méthodes facilitant ces expériences pour accompagner les fins de vie. Son livre At Heaven’s Door documente vingt ans d’investigations. En août 2026, il participera à un panel avec Chaz Ebert lors de la conférence annuelle de Bellevue, explorant l’impact transformationnel des SDE.
Le débat scientifique : modèle NEPTUNE contre approche UVA
Toutefois, la recherche sur les EMI traverse actuellement une controverse majeure. En 2025, l’équipe de Charlotte Martial à l’Université de Liège a publié le modèle NEPTUNE dans Nature Reviews Neurology. Cette théorie neurophysiologique synthétise près de 300 études pour expliquer les EMI par des mécanismes cérébraux évolutifs et psychologiques.
Néanmoins, Bruce Greyson et Marieta Pehlivanova, chercheurs de la Division of Perceptual Studies (DOPS) de l’Université de Virginie, ont publié en janvier 2026 une critique sévère. Selon eux, NEPTUNE ignore sélectivement les preuves contradictoires. Le modèle échoue notamment à expliquer les perceptions véridiques durant l’arrêt cardiaque, les expériences hors du corps authentiques et l’impact transformationnel durable des EMI. Greyson maintient que la neurophysiologie seule reste insuffisante pour élucider ces phénomènes complexes.
Nouvelles pistes de recherche en 2026
Par ailleurs, plusieurs études récentes élargissent le champ d’investigation. En mars 2026, une publication Frontiers propose l’hypothèse du « rêve du moment mourant », suggérant que le cerveau génère une simulation endogène finale. Cette simulation combinerait activité neuronale terminale, intégration mémorielle affective et effondrement du traitement temporel.
De plus, Christof Koch, directeur scientifique de l’Allen Institute for Brain Science, explore des perspectives panpsychistes. Appuyé par la BIAL Foundation, il questionne le matérialisme classique. Sa Théorie de l’Information Intégrée traite la conscience comme composante fondamentale de la réalité plutôt que simple produit cérébral. Parallèlement, l’Université de Liège mène un essai clinique (NCT06362525) étudiant l’incidence des épisodes de conscience déconnectée chez les patients en réanimation.
Une dimension transculturelle confirmée
D’abord, une étude herméneutique iranienne examine les EMI chez survivants de coma dans un contexte islamique chiite. Ses résultats révèlent des éléments universels : sorties hors du corps, tunnel de lumière, rencontres avec des défunts, sentiment de paix profonde, revue de vie. Ces constantes transculturelles suggèrent un phénomène humain universel, indépendant du conditionnement religieux.
Ensuite, Pim van Lommel, cardiologue néerlandais, a publié en janvier 2026 dans le British Psychological Society Journal une synthèse sur la continuité de conscience. Il documente les expériences de fin de vie, la lucidité terminale chez les patients Alzheimer, et les communications après la mort (ADC). Van Lommel estime ces dernières à 125 millions en Europe et 175 millions aux États-Unis, chiffres qui remettent en question la marginalité supposée de ces phénomènes.
Conférence majeure en août 2026
Dès lors, l’IANDS prépare activement sa conférence annuelle du 26 au 30 août 2026. L’événement se tiendra à l’Hyatt Regency Bellevue (Washington), avec diffusion en direct. Sur la base des chiffres de 2025, l’organisation attend plus de 800 participants internationaux. Le magazine Vital Signs (édition printemps 2026) accompagne cette mobilisation et reste accessible gratuitement.
Enfin, cette convergence institutionnelle annuelle représente le point focal de la recherche parapsychologique sur la conscience et les états limites. L’IANDS continue d’offrir un espace rare où dialogue scientifique rigoureux et témoignages vécus se nourrissent mutuellement, défiant les frontières disciplinaires traditionnelles entre neurosciences, psychologie clinique et études de la conscience.