Les fichiers UAP déclassifiés du Pentagone, publiés le 8 mai 2026, suscitent des réactions contrastées dans la communauté scientifique. Avi Loeb, astrophysicien à l’Université Harvard et directeur du Galileo Project, adopte une position nuancée : prudemment optimiste, il voit dans cette publication un tournant pour la recherche académique. Mais il prévient que les données les plus significatives restent encore à venir.
Une publication historique qui ouvre la porte à la science
Le 8 mai 2026, le Pentagone a lancé la publication de 162 fichiers UAP déclassifiés via le programme PURSUE (Presidential Unsealing and Reporting System for UAP Encounters). Ces documents couvrent quatre-vingts ans d’observations non résolues. Ils regroupent des vidéos infrarouge, des photographies, des témoignages militaires et civils, ainsi que des documents issus du FBI, de la CIA et de la NASA.
Pour Avi Loeb, cette initiative marque un changement de posture institutionnel significatif. Interrogé par NewsNation, le professeur estime que la publication « ouvre le sujet à l’investigation scientifique et à une discussion sérieuse plutôt qu’au ridicule ». Il rappelle que la communauté scientifique elle-même avait longtemps rejeté ces questions. Dès lors, reconnaître officiellement l’existence de phénomènes non résolus représente, selon lui, une avancée réelle.
Des fichiers UAP déclassifiés à interpréter avec méthode
Loeb ne cède pas à l’enthousiasme facile. Il reconnaît que ces fichiers contiennent probablement un mélange de dysfonctionnements d’instruments, de phénomènes naturels et d’observations véritablement inexpliquées. Cette distinction est essentielle. En effet, l’AARO (All-domain Anomaly Resolution Office) n’a établi, à ce stade, aucune preuve confirmée d’origine extraterrestre. Par ailleurs, selon le rapport Kosloski publié le 5 juin 2026, environ 40 % des phénomènes signalés restent sans explication raisonnable.
Cependant, la qualité limitée de certains fichiers anciens ne surprend pas le chercheur. Il l’attribue aux technologies de capture disponibles à l’époque. Selon lui, les données récentes à haute résolution produiront des résultats plus solides à mesure que la déclassification avance.
« La plus grande découverte de toute l’histoire des sciences »
Loeb maintient une position épistémiquement rigoureuse, tout en soulignant les enjeux considérables de l’enquête. Il déclare : « Même si un seul objet s’avérait fabriqué par une intelligence non humaine, ce serait la plus grande découverte de toute l’histoire de la science. » Il s’agit ici d’une hypothèse de travail, pas d’une affirmation documentée. Loeb la formule comme une possibilité parmi d’autres, pour justifier l’importance d’une investigation rigoureuse.
En outre, le professeur soupçonne que les données les plus intéressantes seront publiées lors des prochaines tranches de déclassification. Il explique que leur traitement prend davantage de temps. Cette analyse recoupe les informations disponibles sur le calendrier PURSUE : une troisième tranche a effectivement été publiée le 12 juin 2026, contenant notamment un rapport AARO documentant des observations d’« orbes mères » orange lançant des orbes rouges plus petites, constatées pendant deux jours par des agents fédéraux en octobre 2023.
Le Galileo Project et le rôle croissant de Loeb dans la gouvernance UAP
Avi Loeb ne se contente pas d’analyser les données officielles à distance. Il dirige le Galileo Project, une initiative académique dédiée à la collecte de données scientifiques sur les phénomènes aériens anormaux. Par ailleurs, selon les recherches complémentaires disponibles, la Maison-Blanche, le Pentagone, l’ODNI et le FBI ont créé en juin 2026 un UAP Science Advisory Council. Loeb en a été nommé président. Ce conseil regroupe quinze membres et a soumis plus de cinquante demandes d’information sur des cas spécifiques.
Ainsi, Loeb occupe désormais une position double : chercheur indépendant d’un côté, conseiller institutionnel de l’autre. Cette dualité lui confère une influence réelle sur la manière dont les données PURSUE seront analysées et rendues publiques.
Ce que la suite du processus PURSUE pourrait révéler
Le programme PURSUE a produit cinq tranches de documents entre mai et août 2026, totalisant plus de 1,7 milliard de visites sur le portail war.gov/UFO. La cinquième tranche, publiée en août 2026, inclut des vidéos infrarouge d’orbes et des témoignages d’agents spéciaux accompagnés de footage thermique d’anomalies qualifiées de « black-hot ».
Néanmoins, aucun de ces éléments ne constitue, à ce jour, une preuve établie d’une origine non humaine. Ils alimentent en revanche un corpus de données exploitable par la communauté scientifique. C’est précisément ce que Loeb appelle de ses vœux depuis des années : des données brutes, accessibles, vérifiables, soumises à la méthode scientifique.
En définitive, la position de Loeb illustre une approche que beaucoup de chercheurs partagent en privé : ni rejet, ni crédulité. La vraie question n’est pas de savoir si les UAP existent. Elle est de comprendre ce qu’ils sont, et les fichiers UAP déclassifiés du Pentagone constituent, pour lui, un point de départ sérieux.
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