Le 8 mai 2026, le Pentagone a rendu publics 161 documents OVNI déclassifiés du Pentagone, couvrant près de huit décennies d’observations allées de 1947 à 2023. Ce premier lot, issu du programme PURSUE lancé par décret présidentiel en février 2026, mêle rapports militaires, témoignages fédéraux et archives d’agences comme le FBI et la CIA. Derrière l’effet d’annonce, une question stratégique s’impose : que révèle réellement cette transparence inédite ?
Le programme PURSUE : un décret Trump pour ouvrir les archives UAP
Le 19 février 2026, Donald Trump ordonne via Truth Social la publication des dossiers gouvernementaux relatifs aux UAP, aux OVNI et à la vie extraterrestre. Cet ordre exécutif donne naissance au programme PURSUE (Presidential Unsealing and Reporting System for UAP Encounters). Le secrétaire à la Défense Pete Hegseth confirme, le 23 février, la conformité totale du Pentagone avec cet ordre.
La représentante Anna Paulina Luna, présidente du groupe de travail sur la déclassification, joue un rôle central dans la coordination interagences. En quelques semaines, plusieurs agences fédérales — Pentagone, FBI, CIA, NASA — rassemblent leurs dossiers. Le site war.gov/UFO, créé pour l’occasion, dépasse 1,7 milliard de consultations après la première publication.
Documents OVNI déclassifiés du Pentagone : ce que contient ce premier lot
Le lot du 8 mai comprend 161 fichiers. Parmi eux, 82 proviennent du Pentagone et concernent des incidents militaires récents, datés de 2013 à 2026. Les 56 fichiers du FBI, en revanche, remontent aux années 1940 et compilent témoignages civils et rapports d’époque.
L’un des documents les plus anciens porte sur décembre 1947. Il décrit des observations de disques volants qui alimentèrent, à l’époque, la naissance du terme populaire « soucoupe volante ». Ces archives rejoignent les dossiers classiques des missions Apollo, également inclus dans ce premier lot selon la RTS.
Par la suite, le Pentagone publie deux tranches supplémentaires : 64 fichiers le 22 mai — dont 51 vidéos, 6 PDF et 7 enregistrements audio — puis 53 documents, 10 images et 6 vidéos le 12 juin. En août 2026, cinq tranches au total ont été rendues publiques.
Les orbes de 2023 : six agents fédéraux, cinq événements, un dossier non résolu
Parmi les témoignages récents, un dossier retient particulièrement l’attention. En octobre 2023, six agents fédéraux répartis en trois équipes indépendantes observent des orbes orange lançant deux à quatre orbes rouges plus petits, à proximité d’un site de sécurité nationale sensible dans l’ouest des États-Unis. Les événements se répètent au moins cinq fois sur deux jours.
Les témoignages concordants décrivent des objets ovales, orange, à centre blanc ou jaune, émettant de la lumière dans toutes les directions. L’un des orbes reste immobile pendant plusieurs heures. Les agents capturent des vidéos. En 2026, le FBI réalise des reconstitutions numériques. Un agent compare un objet en forme de cerf-volant à l’Œil de Sauron.
Cependant, l’AARO écarte plusieurs hypothèses — fusées éclairantes militaires, technologie expérimentale — sans parvenir à une conclusion définitive. Le dossier reste, à ce jour, non résolu.
Que disent vraiment les données ? La position de l’AARO
Il convient de distinguer ce que ces documents prouvent de ce qu’ils suggèrent. En mars 2024, le Pentagone affirmait ne détenir aucune preuve empirique liant les UAP à une technologie extraterrestre. Cette position n’a pas changé.
Le rapport AARO de juin 2026, signé par le directeur Jon Kosloski, révèle qu’environ 40 % des phénomènes signalés restent inexpliqués. En revanche, 95 % des cas résolus correspondent à des objets d’origine humaine conventionnelle, et 86 % à des ballons ou des satellites. Ces chiffres invitent à la prudence face aux interprétations les plus spéculatives.
Par ailleurs, le professeur Avi Loeb de Harvard, nommé à la tête d’un Conseil consultatif scientifique sur les UAP auprès de l’ODNI, souligne que la qualité des données déterminera la validité des conclusions. Son équipe de 15 scientifiques a soumis plus de 50 demandes d’informations. Christopher Mellon, ancien sous-secrétaire adjoint à la Défense pour le renseignement, qualifie cette première publication de « pas important mais incomplet vers la transparence ».
Un enjeu de souveraineté aérienne, pas seulement de curiosité
La RTS souligne un point souvent éclipsé par le spectacle de la déclassification : derrière ces dossiers se cache une préoccupation stratégique réelle. Le gouvernement américain enquête sur des aéronefs aux caractéristiques « apparemment surnaturelles » dans un contexte de craintes que des puissances adverses testent des technologies très avancées.
Dès lors, la question centrale n’est pas nécessairement extraterrestre. Elle est militaire et géopolitique : qui vole dans l’espace aérien américain, avec quelles capacités, et pourquoi les capteurs peinent-ils à les identifier ? Cette lecture stratégique transforme la déclassification en acte de défense autant qu’en geste de transparence.
En définitive, ces 161 documents ouvrent une fenêtre sur des décennies d’observations non élucidées. Ils posent des questions légitimes sur les limites de nos systèmes de détection et sur la nature des phénomènes persistants. Mais ils ne tranchent rien. La rigueur scientifique — celle qu’Avi Loeb et ses pairs appellent de leurs vœux — reste le seul filtre valable pour avancer.
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