Le 8 mai 2026, le Pentagone a rendu publics 162 fichiers dans le cadre de l’initiative PURSUE, lançant la première vague de documents déclassifiés UAP du Pentagone couvrant la période 1944-2026. Parmi ces archives figure un dossier 2023 impliquant sept employés fédéraux, que l’AARO qualifie officiellement d' »un des plus convaincants » en sa possession. Franceinfo a analysé ces publications pour le public francophone : voici ce que les documents disent réellement, et ce qu’ils ne prouvent pas.
PURSUE : la directive Trump déclenche une déclassification massive
Le 19 février 2026, Donald Trump a annoncé sur Truth Social qu’il ordonnait au secrétaire à la Guerre Pete Hegseth d’identifier et de publier les fichiers gouvernementaux relatifs aux UAP. Cette directive fait suite à des années de pression du Congrès, renforcée par le National Defense Authorization Act de 2023, qui avait établi des procédures de signalement sécurisées pour les employés fédéraux.
Le 1er mai 2026, le Département de la Guerre a formellement lancé la task force PURSUE — Presidential Unsealing and Reporting System for UAP Encounters. Une semaine plus tard, le 8 mai, la première vague de documents déclassifiés UAP du Pentagone devenait accessible sur le site war.gov/UFO. Résultat : plus de 1,7 milliard de visites enregistrées. Des publications supplémentaires ont suivi les 22 mai, 12 juin, 10 juillet et 7 août 2026, portant le total à près de 300 documents.
Sept agents fédéraux, des orbes orange et un dossier jugé ‘convaincant’ par l’AARO
L’élément le plus commenté de cette première vague concerne un dossier de 2023. Sept employés fédéraux américains ont rapporté séparément plusieurs phénomènes anormaux non identifiés aux États-Unis. L’AARO cite deux raisons pour qualifier ce dossier d’exceptionnel : la crédibilité des témoins et la nature potentiellement anormale des événements eux-mêmes.
Dans l’un des incidents, trois équipes d’agents spéciaux fédéraux ont observé indépendamment, sur deux jours dans l’ouest des États-Unis, des orbes orange émettant de plus petits orbes rouges. Dans un autre cas distinct, deux agents spéciaux ont décrit une orbe orange lumineuse dans le ciel. Selon l’AARO, ces observations n’ont posé aucune menace apparente.
Toutefois, il convient de distinguer ce que ce dossier établit de ce qu’il suggère. L’agence qualifie le cas de convaincant en termes de crédibilité des témoignages. Elle ne conclut pas à une origine extraterrestre ou technologiquement avancée. Cette nuance est centrale.
Un objet en forme de ballon de football et des lumières lunaires non résolues
Parmi les autres pièces publiées, une vidéo infrarouge de neuf secondes capturée en 2024 par l’US Indo-Pacific Command montre un objet en forme de ballon de football dans la mer de Chine orientale, près du Japon. L’objet présente trois projections radiales distinctes. Le gouvernement japonais a confirmé le 11 mai 2026 analyser ces images avec grand intérêt. Un groupe bipartisan d’environ 80 législateurs japonais examine par ailleurs les implications sécuritaires de ces phénomènes.
En outre, les archives publiées incluent des images Apollo 17 de décembre 1972, montrant trois points lumineux en formation triangulaire sur la surface lunaire. Les astronautes Evans et Schmitt avaient alors décrit des particules très brillantes. Le Pentagone indique que ces lumières ne peuvent être attribuées à des reflets de caméra, au module lunaire ou à des débris spatiaux. Il classe l’incident comme cas non résolu. Un rapport forensique final est attendu d’ici fin 2026. Des ufologues, experts en imagerie et astrophysiciens demandent l’accès aux données brutes pour une analyse indépendante.
Cependant, Franceinfo souligne que ces images Apollo 17 étaient déjà connues du public avant cette déclassification. Leur inclusion dans l’initiative PURSUE n’apporte donc pas de matériau véritablement nouveau sur ce point précis.
Des documents déclassifiés UAP du Pentagone qui confirment surtout la prudence de l’AARO
Le rapport de mars 2024 du Pentagone avait déjà posé le cadre : aucune preuve de technologie extraterrestre n’a été confirmée à ce jour. L’AARO gère désormais plus de 2 000 rapports datant de 1945. En 2025, l’agence a reçu 319 nouveaux cas : 114 ont été résolus, 191 restent en archive active.
Par ailleurs, la majorité des observations historiques étudiées s’est révélée correspondre à des ballons météorologiques, des satellites, des avions espions ou d’autres activités aériennes classiques. Ce contexte tempère toute lecture hâtive des archives publiées.
Néanmoins, l’AARO maintient un sous-ensemble de cas non résolus, dont le dossier 2023 aux sept témoins fédéraux. L’agence reste extrêmement prudente, selon Franceinfo, face à ces témoignages. Elle ne formule aucune hypothèse publique sur leur nature.
Un processus de déclassification inédit, mais des réponses encore fragmentaires
L’initiative PURSUE représente la démarche de publication la plus structurée jamais engagée par l’administration américaine sur les UAP. Elle s’inscrit dans un contexte politique plus large, où le Congrès pousse activement pour une transparence accrue. D’autres étapes législatives accompagnent ce mouvement : le 31 juillet 2026, l’ODNI a publié des directives préliminaires pour lever les accords de non-divulgation imposés à certains témoins.
En définitive, ces documents déclassifiés UAP du Pentagone dessinent un tableau nuancé : des témoignages crédibles non résolus d’un côté, une absence persistante de preuve directe de technologie non humaine de l’autre. La question reste ouverte, et les prochaines vagues de publication — ainsi que le rapport forensique Apollo 17 — pourraient affiner ce tableau d’ici la fin de l’année.
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