Le 8 mai 2026, le Département américain de la Défense a lancé la déclassification des fichiers OVNI la plus massive de l’histoire des États-Unis. Sous l’impulsion du programme PURSUE, 162 documents — rapports, photographies et vidéos — sont désormais accessibles au public. New Scientist, qui couvre l’événement en direct, souligne qu’il s’agit d’une première sans précédent dans la relation entre le gouvernement américain et la communauté scientifique civile.
PURSUE : le cadre présidentiel derrière la déclassification des fichiers OVNI
Tout commence le 19 février 2026. Donald Trump signe une directive présidentielle instituant le programme PURSUE — Presidential Unsealing and Reporting System for UAP Encounters. Ce texte engage formellement le gouvernement fédéral dans un processus de divulgation progressive de ses archives relatives aux phénomènes aériens non identifiés (UAP). Le 8 mai 2026, le portail war.gov/UFO met en ligne un premier lot de 162 fichiers. Ainsi débute ce que New Scientist décrit comme une initiative sans équivalent dans l’histoire administrative américaine.
Ces 162 fichiers couvrent une période allant de 1944 à 2025. On y trouve des images issues des missions Apollo, des enregistrements infrarouges du FBI, ainsi que 28 vidéos de rapports UAP non résolus. Ces vidéos proviennent de CENTCOM, d’EUCOM et de l’Indo-Pacific Command, et couvrent les années 2020 à 2026. En outre, une deuxième publication a suivi le 22 mai 2026 : 64 fichiers supplémentaires, dont 51 vidéos contenant des données télémétriques brutes — altitude, vitesse, signatures infrarouges.
Ce que contiennent réellement les documents publiés
Il convient de distinguer ce que ces publications établissent de ce qu’elles suggèrent. Les fichiers documentent des observations militaires non résolues. Ils ne prouvent pas l’existence d’engins extraterrestres. Le Secrétaire à la Défense Pete Hegseth a déclaré viser une transparence maximale, selon les informations relayées par les recherches complémentaires. Cependant, cette déclaration reste une position institutionnelle, pas une garantie d’exhaustivité.
Par ailleurs, la diversité des formats est notable. On trouve des photographies, des rapports d’incidents écrits, des enregistrements audio et des vidéos. Certains documents sont officiellement déclassifiés pour la première fois. D’autres étaient simplement non publiés, sans avoir nécessairement fait l’objet d’une classification formelle. Cette nuance compte : elle tempère l’idée d’un accès soudain à des secrets d’État longtemps enfouis.
Un milliard de consultations en treize jours
L’impact public dépasse toutes les projections institutionnelles. Le portail war.gov/UFO enregistre plus d’un milliard d’utilisateurs dans les treize premiers jours suivant la mise en ligne. Ce chiffre, issu des données compilées par les recherches complémentaires, en fait le canal institutionnel UAP le plus consulté de l’histoire américaine. Dès lors, la question ne porte plus seulement sur le contenu des fichiers, mais sur leur réception sociale et scientifique.
En effet, des universités majeures ont déjà formé des groupes de travail indépendants pour analyser la base de données PURSUE. Ces chercheurs traitent le phénomène UAP comme une anomalie astrophysique légitime, soumise aux mêmes protocoles de validation qu’une observation astronomique standard. C’est précisément ce que souligne New Scientist : pour la première fois, des scientifiques civils accèdent à des données de télémétrie militaire brutes, ouvrant la voie à une revue par les pairs en open source.
La déclassification des fichiers OVNI change-t-elle le cadre scientifique ?
La question mérite d’être posée sans excès d’enthousiasme. Un atelier privé organisé par l’AARO en août 2025 — soit plusieurs mois avant PURSUE — avait réuni 40 chercheurs gouvernementaux, académiques et indépendants. Ces experts soulignaient déjà la nécessité d’un protocole rigoureux pour étudier les UAP. PURSUE s’inscrit donc dans une dynamique préexistante, qu’il amplifie sans la créer de toutes pièces.
Toutefois, l’accès à des données primaires change objectivement les conditions de l’enquête. Jusqu’ici, les chercheurs civils travaillaient à partir de témoignages filtrés, de vidéos partiellement floues ou de rapports résumés. Désormais, ils disposent de fichiers télémétriques bruts. La robustesse des futurs travaux dépendra de la qualité méthodologique des équipes qui s’en saisiront, et non du volume de données disponibles.
Des publications supplémentaires annoncées dans les prochaines semaines
Le programme PURSUE prévoit des publications additionnelles toutes les quelques semaines. Ce premier lot de 162 fichiers ne constitue donc qu’une étape. New Scientist insiste sur ce point : il s’agit d’un processus progressif, pas d’une divulgation unique. Les prochains lots pourraient inclure des documents encore plus sensibles, selon le calendrier établi par le Département de la Défense — désormais rebaptisé Département de la Guerre sous l’administration Trump.
En conclusion, la portée réelle de cette initiative se mesurera sur la durée. La valeur scientifique des données publiées dépend de leur exploitation par des équipes indépendantes et rigoureuses. Ce que PURSUE ouvre, c’est une opportunité méthodologique. Reste à savoir si la communauté académique saura la saisir avec la rigueur qu’elle exige.
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