La déclassification des vidéos UAP réclamées par le Congrès américain avance, mais pas au rythme promis. Le 8 mai 2026, le Pentagone a publié une première tranche de 162 fichiers dans le cadre du programme PURSUE. Pourtant, les 46 vidéos spécifiquement exigées par la représentante républicaine Anna Paulina Luna brillent par leur absence… oups ?
Une première publication massive, mais incomplète
Le 8 mai 2026, le Département de la Défense a mis en ligne 162 fichiers déclassifiés sur le site war.gov/UFO. Rapports militaires, transcriptions NASA des missions Apollo, documents FBI datant de 1947 à 1968, vidéos et photographies : la publication a généré 340 millions de visites dans les 12 premières heures. En apparence, l’initiative PURSUE — pour Presidential Unsealing and Reporting System for UAP Encounters — représente un tournant dans la politique de transparence fédérale sur les phénomènes aériens non identifiés.
Cependant, une absence frappe immédiatement les observateurs avertis. Les 46 vidéos que la représentante Anna Paulina Luna avait formellement réclamées au Pentagone ne figurent pas dans cette première tranche. Selon les informations disponibles, elles sont attendues lors d’une publication ultérieure, sans date ferme annoncée à ce stade.
Luna face au Pentagone : des mois de pression avant d’obtenir gain de cause
Anna Paulina Luna préside la task force de déclassification fédérale rattachée au Comité de supervision de la Chambre des représentants. Pendant plusieurs mois, elle a exercé une pression soutenue sur le Département de la Défense. C’est finalement la directive présidentielle de février 2026 qui a débloqué la situation. Cette directive a officiellement lancé l’initiative PURSUE et contraint les agences fédérales à déclassifier leurs dossiers UAP.
Luna a salué la publication du 8 mai comme, selon ses propres mots, « la première reconnaissance fédérale formelle que des phénomènes aériens véritablement inexpliqués existent ». Sa task force prévoit de nouvelles publications dans un délai de 30 jours, accompagnées d’un briefing public. Par ailleurs, une deuxième tranche a effectivement été mise en ligne le 22 mai 2026. Elle comprenait environ 64 fichiers supplémentaires, dont 51 vidéos, 6 documents PDF et 7 enregistrements audio. Luna a alors confirmé que les 46 vidéos spécifiques qu’elle réclamait sont en cours de préparation, mais pourrait ne pas toutes être rendues publiques.
La déclassification des vidéos UAP au cœur d’un conflit institutionnel
L’un des épisodes les plus révélateurs de cette séquence concerne Sean Kirkpatrick, ancien directeur de l’AARO — l’All-domain Anomaly Resolution Office, bureau créé en 2022 pour centraliser l’analyse des UAP. Luna l’a qualifié de « menteur documenté » lors d’une audition en septembre 2025. Elle lui reproche d’avoir fourni au public « un tableau incomplet » de ce que le gouvernement savait réellement pendant sa tenure à l’AARO.
Christopher Mellon, ancien secrétaire adjoint à la Défense pour le renseignement, a renforcé cette critique. Il a qualifié le rapport historique de l’AARO, publié en mars 2024, de rapport gouvernemental le plus erroné qu’il ait lu. Kirkpatrick, de son côté, maintient qu’AARO n’a trouvé aucune preuve de technologie extraterrestre. En mars 2026, Luna est allée plus loin en recommandant au représentant Tim Burchett de définancer complètement l’AARO. Burchett a déclaré sur Newsmax que les briefings classifiés qu’il a reçus contiendraient des informations qui feraient « décoller » le pays si elles devenaient publiques — une affirmation qu’il est impossible de vérifier indépendamment à ce stade.
La communauté scientifique maintient sa réserve
Face à cette effervescence institutionnelle, la communauté scientifique conserve une position prudente. L’analyse des 162 documents de la première publication révèle que 143 cas sur 162 ont reçu une explication banale. Dix-neuf cas restent non résolus. Les experts rappellent qu’un statut « non identifié » reflète un manque d’information disponible, pas une conclusion sur l’origine du phénomène.
En outre, le rapport NASA UAP de septembre 2023 concluait déjà qu’il n’existe « aucune preuve concluante dans la littérature scientifique évaluée par pairs suggérant une origine extraterrestre pour les UAP ». Aucune institution scientifique majeure n’a modifié cette position depuis lors. La recherche universitaire indépendante sur ce sujet reste structurellement limitée, faute de données accessibles et standardisées.
Par ailleurs, le Connecticut et le New Jersey envisagent de financer leurs propres études UAP en réponse au manque d’informations fédérales jugées suffisantes. Le projet de loi H.5422 du Connecticut propose une étude menée par l’Université du Connecticut. Ce mouvement illustre une demande croissante de rigueur méthodologique que les publications gouvernementales n’ont pas encore satisfaite.
Ce que cette séquence révèle vraiment
La dynamique engagée depuis le 8 mai 2026 est inédite par son ampleur institutionnelle. Le site war.gov/UFO a dépassé le milliard de visites depuis son lancement. Le Pentagone a confirmé n’avoir appliqué aucune rédaction sur la nature des rencontres elles-mêmes, seulement sur les identités de témoins et les localisations sensibles.
Néanmoins, l’absence des 46 vidéos les plus sensibles rappelle que le processus de déclassification reste partiel et séquencé. Entre les déclarations politiques, les tensions institutionnelles et la prudence scientifique, le débat sur les UAP entre dans une phase nouvelle — celle où la quantité de données disponibles dépasse encore la capacité collective à les interpréter rigoureusement.
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