Le 9 juin 2026, la divulgation UAP au Capitole a pris un relief politique inédit. Des membres bipartisans du Congrès américain et le lanceur d’alerte David Grusch ont réuni la presse sur les marches du Capitole pour exiger la révélation des archives gouvernementales classifiées sur le phénomène UAP. Cet événement, organisé par la journaliste Leslie Kean et le documentariste James Fox, marque une nouvelle étape dans une dynamique législative et institutionnelle qui s’est considérablement accélérée depuis 2023.
Une conférence de presse pour la divulgation UAP au Capitole, bipartisane et publique
À 13h00 (heure de la côte Est), les marches du Capitole à Washington D.C. accueillent une conférence de presse d’une nature peu commune. Les représentants Eric Burlison (républicain, Missouri), Jared Moskowitz (démocrate, Floride), Anna Paulina Luna (républicaine, Floride) et Tim Burchett (républicain, Tennessee) se tiennent côte à côte aux côtés de David Grusch. Ensemble, ils exigent publiquement la déclassification des dossiers gouvernementaux liés aux UAP. La composition bipartisane du groupe n’est pas anodine. Elle signale que le dossier UAP dépasse désormais les lignes de fracture politiques habituelles au sein du Congrès américain.
Cet événement s’inscrit dans le travail de la Task Force on the Declassification of Federal Secrets, présidée par Anna Paulina Luna. Cette instance avait déjà tenu une audience sur la transparence UAP en septembre 2025. Elle avait adressé, le 31 mars 2026, une demande formelle au secrétaire à la Guerre Pete Hegseth pour obtenir des vidéos UAP additionnelles détenues par l’AARO, notamment des incidents recensés en Iran en août 2022 et en Syrie en 2021. Les membres de la Task Force déplorent les réponses jugées insuffisantes de l’AARO face à leurs demandes de données.
Grusch détaille ses accusations et évoque des intelligences non-humaines
David Grusch prend la parole et formule des allégations graves. Selon lui, plusieurs formes d’intelligence non-humaine existeraient, allant — toujours selon ses déclarations — de formes corporelles bipèdes à des entités qu’il qualifie de « plasmoïdes sentientes ». Ces affirmations restent pour l’heure non vérifiées par des sources indépendantes et doivent être lues comme le témoignage personnel d’un lanceur d’alerte, non comme un fait établi.
Grusch accuse par ailleurs la Defense Intelligence Agency d’obstruction. Il évoque des fonds noirs de plusieurs milliards de dollars annuels pour des activités qui échapperaient au contrôle du Congrès. Il mentionne également des dizaines de bases américaines qui auraient connaissance de la présence de technologies non-humaines. En outre, il fait référence au cas Varginha de 1996 au Brésil et à des documents australiens déclassifiés datant de 1971. Ces éléments, attribués à Grusch, n’ont pas fait l’objet d’une corroboration officielle à ce stade.
Par ailleurs, Grusch évoque des incidents de santé anomaux affectant des officiels qui l’auraient assisté, signalés au FBI. Il mentionne aussi le cas de Matthew James Sullivan, scientifique d’un programme dit legacy, décédé en mai 2024 avant de pouvoir témoigner. Ces informations, rapportées par Grusch, restent à vérifier de façon indépendante.
Un contexte législatif en forte accélération
La conférence du 9 juin ne surgit pas dans un vide institutionnel. Elle intervient dans un contexte de déclassification active. Le programme PURSUE (Presidential Unsealing and Reporting System for UAP Encounters) a été lancé le 8 mai 2026 par le Département de la Guerre, à la suite d’une directive du président Trump datant de février 2026. Trois lots de documents ont déjà été publiés : le premier lot le 8 mai (162 fichiers, plus de 400 incidents couvrant la période 1985-2025, 28 vidéos), le deuxième lot le 22 mai (57 vidéos avec audio), et le troisième lot le 12 juin (6 fichiers FBI). Au total, 91 vidéos et 222 documents ont ainsi été déclassifiés. Parmi les contenus notables figurent des transcripts d’équipages Apollo 11, 12, 17 et Skylab, ainsi que des rapports issus de zones de combat. Pour en savoir plus sur ces publications, consultez notre article sur le nombre record de fichiers OVNI déclassifiés par le gouvernement américain.
Sur le plan législatif, le UAP Transparency Act (H.R.1187, 119e Congrès) exige la déclassification de tous les documents fédéraux UAP dans un délai de 270 jours. Burchett en est le principal auteur, avec Moskowitz, Luna et Burlison comme cosignataires. La NDAA pour l’exercice fiscal 2026 intègre également trois dispositions UAP, dont l’obligation pour l’AARO de briefer le Congrès sur les interceptions UAP par NORAD et Northcom.
Grusch, lanceur d’alerte sous pression judiciaire
La situation personnelle de Grusch reste tendue. Le Département de l’Air Force avait déposé une plainte contre lui pour divulgation non autorisée au titre de l’Espionage Act. Cette plainte a toutefois été rejetée : Grusch avait obtenu une autorisation préalable du Defense Office of Prepublication and Security Review avant ses déclarations de juin 2023. Il a déposé un recours FOIA en Virginie orientale (Grusch v. DoD, 1:2026cv00607) pour accéder aux dossiers liés à cette procédure. Il évoquait dès le début de l’année une possible escalade judiciaire via une stratégie RICO si les canaux institutionnels venaient à échouer.
Depuis mars 2025, Grusch agissait comme conseiller spécial du représentant Burlison. Son implication dans la conférence du 9 juin s’inscrit donc dans une collaboration institutionnelle déjà établie, et non dans une démarche isolée. Le dossier UAP se structure progressivement, au croisement du Congrès, de l’exécutif et de lanceurs d’alerte qui choisissent la lumière plutôt que le silence. Le débat sur la transparence, lui, est loin d’être clos. En France aussi, la question monte à l’agenda public : un colloque UAP est prévu à l’Assemblée nationale le 29 juin 2026.
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