Le 8 mai 2026, le Département de la Défense américain a mis en ligne des centaines de fichiers OVNI déclassifiés, dont des rapports d’incidents, des images infrarouges et des enregistrements audio. New Scientist, qui couvre l’événement avec rigueur, souligne l’ampleur inédite de cette publication par rapport aux précédentes démarches de transparence gouvernementale. Il s’agit de la première d’une série de publications annoncées, dans le cadre d’un système présidentiel baptisé PURSUE.
Des fichiers OVNI déclassifiés sur un nouveau portail gouvernemental
Le 8 mai 2026, le gouvernement américain a rendu publics 162 documents issus du FBI, du Département d’État et de la NASA. Ces fichiers couvrent plusieurs décennies d’observations. Ils incluent des rapports récents en provenance d’Irak (2022), de Syrie (2024), des Émirats arabes unis et de Grèce. Le gouvernement a créé un site web dédié, war.gov/ufo, pour héberger l’ensemble de ces documents.
Cette publication s’inscrit dans le cadre du PURSUE — Presidential Unsealing and Reporting System for UAP Encounters — mis en place par ordre du président Trump en février 2026. Parmi les pièces publiées figurent des images infrarouges d’objets non identifiés capturés au-dessus de l’ouest des États-Unis en septembre et décembre 2025. Certains documents remontent aux années 1950 : un rapport de la CIA de cette époque admet que les vols secrets U-2 et OXCART ont généré plus de la moitié des signalements d’OVNI à la fin des années 1950 et dans les années 1960.
Une série de publications qui s’accélère
Dès le départ, le gouvernement a annoncé que cette première vague n’était pas isolée. En effet, le Pentagone a publié une troisième série de documents le 12 juin 2026, comprenant 53 documents supplémentaires, 10 images, 6 vidéos et 3 enregistrements audio provenant de la CIA, du FBI, de la NASA et du DoD.
Ces vidéos montrent notamment des orbes lumineux. Un témoignage d’agent fédéral, daté de 2023, y figure également. Par ailleurs, un rapport signé le 5 juin 2026 par le Dr Jon Kosloski, directeur de l’AARO, décrit l’observation en octobre 2023 d’une orbe orange dite « mère » qui lançait des orbes rouges plus petites. Selon ce rapport, 40 % des phénomènes rapportés restent sans explication raisonnable. L’AARO indique avoir reçu 757 rapports d’UAP entre mai 2023 et juin 2024.
Une pression parlementaire et citoyenne au cœur du processus
Ces publications ne sont pas tombées du ciel. La représentante Anna Paulina Luna, présidente du groupe de travail sur la déclassification de la Chambre, a exercé une pression soutenue sur le Pentagone pendant des mois. Le 31 mars 2026, elle a adressé une lettre au secrétaire Pete Hegseth pour réclamer des vidéos spécifiques d’observations d’UAP.
Le 9 juin 2026, une conférence de presse à Washington DC a réuni des législateurs et des lanceurs d’alerte, dont David Grusch, Leslie Kean et James Fox. Cependant, plusieurs participants ont estimé que les fichiers publiés restent superficiels. Selon eux, ces documents n’abordent pas les allégations centrales concernant des programmes secrets de récupération d’objets non identifiés. Ce contexte législatif s’appuie sur l’UAP Disclosure Act, lui-même inspiré du cadre utilisé pour les documents JFK.
Que prouvent réellement ces documents ?
Il convient de distinguer ce que ces fichiers établissent de ce qu’ils suggèrent. L’AARO affirme, à ce jour, n’avoir découvert aucune preuve vérifiable d’êtres, d’activité ou de technologie extraterrestres. L’agence a résolu des centaines de cas, identifiés comme ballons, oiseaux, drones, satellites ou avions. Seul un très faible pourcentage de rapports présentent un caractère potentiellement anomalique.
En parallèle, la Maison Blanche a annoncé la création d’un UAP Science Advisory Council dirigé par le professeur Avi Loeb. Ce dernier insiste sur la nécessité d’apporter une rigueur scientifique plutôt que de « s’appuyer sur les récits ». L’équipe comprend également le Dr Michael Shermer, fondateur du Skeptic Magazine, connu pour son scepticisme méthodique. Un nouveau système d’échelle à 11 points a été proposé afin de réduire les fausses alarmes et de concentrer l’analyse sur les rapports les plus difficiles à expliquer.
New Scientist souligne l’importance de cette démarche dans le débat scientifique et institutionnel autour des UAP, tout en appelant à une analyse méthodique des données publiées. Le cadre posé par PURSUE et le volume croissant de documents rendus publics offrent désormais aux chercheurs une matière brute substantielle. Reste à savoir si les prochaines vagues de publications apporteront des éléments plus déterminants.
Un processus ouvert, des questions qui demeurent
La publication de ces fichiers OVNI déclassifiés marque une étape dans la politique de transparence américaine sur les UAP. Toutefois, le débat reste ouvert. D’un côté, des institutions scientifiques et gouvernementales s’organisent pour analyser les données avec rigueur. De l’autre, des lanceurs d’alerte et des élus estiment que les éléments les plus sensibles restent encore hors de portée du public.
Les prochaines publications programmées dans le cadre de PURSUE détermineront si cette démarche constitue une véritable rupture ou une transparence partielle. Dans les deux cas, la communauté scientifique dispose aujourd’hui d’un corpus documentaire plus large que jamais pour travailler.
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