Depuis mai 2026, le Pentagone publie par lots des centaines de fichiers UAP déclassifiés dans le cadre du programme PURSUE. Ces documents couvrent des décennies d’observations militaires et civiles. Cet effort de transparence, le plus structuré à ce jour, transforme en profondeur le traitement institutionnel du phénomène.
PURSUE : un système de déclassification inédit
Le 8 mai 2026, le président Trump signe la directive lançant le PURSUE — Presidential Unsealing and Reporting System for UAP Encounters. Le Pentagone publie aussitôt une première tranche de 162 fichiers : rapports écrits, photographies, vidéos et documents historiques couvrant la période 1944 à nos jours. Deux nouvelles tranches suivent rapidement. La Tranche 2, publiée le 22 mai, rassemble 64 fichiers dont 51 vidéos infrarouge, 6 PDF et 7 enregistrements audio de la NASA. La Tranche 3, diffusée le 12 juin, ajoute 53 documents, 10 images, 6 vidéos et 3 enregistrements audio issus de la CIA, du FBI, de la NASA et du Pentagone. Le portail war.gov/ufo enregistre plus de 1,5 milliard de visites depuis son ouverture. Ces chiffres illustrent l’ampleur de l’attente du public.
Des fichiers UAP déclassifiés du Pentagone qui défient les explications classiques
Parmi les séquences les plus commentées figure la vidéo Gimbal, enregistrée par des aviateurs de la marine américaine et rendue publique en 2020. On y voit un objet tournoyant, évoluant contre le vent, accompagné d’autres appareils non identifiés. Elle reste aujourd’hui un document de référence dans le débat scientifique et institutionnel.
Les nouvelles tranches PURSUE enrichissent considérablement ce corpus. La Tranche 2 inclut notamment une formation de quatre UAP filmée au-dessus de l’Iran, un objet syrien montrant une accélération apparemment instantanée, et des images sous-marines d’objets sphériques entrant et sortant de l’eau près d’un sous-marin — un comportement dit transmedium. Par ailleurs, la vidéo de l’abattage d’un objet au-dessus du lac Huron le 12 février 2023 par un F-16 armé d’un missile AIM-9X Sidewinder figure dans ce lot.
Cependant, les analyses scientifiques divergent. Un article publié sur arXiv conclut que l’absence de métadonnées, de télémétrie et de corrélation multi-capteurs rend impossible toute conclusion extraordinaire. Toutes les caractéristiques observées restent compatibles avec la physique connue, selon cette étude. En revanche, l’AARO — All-domain Anomaly Resolution Office — reconnaît qu’environ 40 % des phénomènes signalés demeurent inexpliqués. Le directeur Jon Kosloski décrit dans son rapport du 5 juin 2026 une entité qualifiée d’orbe mère orange qui lancerait des orbes rouges plus petits. Cette description, non confirmée par des données indépendantes, relève pour l’instant du témoignage documenté.
De l’OVNI à l’UAP : un changement de paradigme institutionnel
Le passage du terme OVNI à celui d’UAP — phénomène aérien non identifié — n’est pas anodin. Cette substitution vise délibérément à dissocier le sujet de décennies de culture populaire et de lectures conspirationnistes. Elle signale une volonté de traiter ces phénomènes avec les outils de la méthode scientifique.
L’astrophysicien Avi Loeb, nommé à la tête du White House UAP Science Advisory Council, incarne ce tournant. Il plaide pour une analyse rigoureuse des données, indépendante de tout présupposé. Le physicien Hal Puthoff propose, de son côté, une hypothèse de manipulation de l’espace-temps testable via les interféromètres LIGO-Virgo-KAGRA. Cette idée reste spéculative, mais elle illustre que le sujet attire désormais des chercheurs issus de disciplines reconnues.
Le Congrès s’empare du dossier
Ce mouvement de transparence ne naît pas dans le vide. En juillet 2023, des lanceurs d’alerte témoignent devant le Congrès américain et font basculer le débat. Depuis, 34 officiels militaires et du renseignement ont rompu le silence, selon les informations disponibles.
Le Disclosure Forum 2026, tenu le 25 juin dans la salle Kennedy Caucus du Sénat, réunit sénateurs, représentants et experts, dont Christopher Mellon, ancien adjoint au secrétaire à la Défense. Mellon déclare : l’échelle de ce qui existe est en soi une révélation, mais les données seules ne sont pas la divulgation. L’amiral Tim Gallaudet affirme, pour sa part, avoir connaissance de vidéos classifiées montrant des objets qu’il décrit comme clairement d’origine non-humaine. Cette affirmation, non étayée par des preuves publiques à ce stade, reste une déclaration attribuée.
En parallèle, la NSA publie 300 pages de documents classifiés Top Secret Umbra suite à un appel FOIA de la Disclosure Foundation daté du 18 mai 2026. Le UAP Transparency Act (H.R.1187) exige une divulgation publique sous 270 jours. Des critiques persistent néanmoins : le budget de l’AARO reste classifié, et le journaliste George Knapp affirme que des informations sont conservées chez des contractants privés pour échapper aux obligations FOIA.
Une transparence réelle, mais encore incomplète
PURSUE représente un pas concret vers l’ouverture des archives. Les données publiées constituent un corpus documentaire solide. Toutefois, l’absence de métadonnées sur plusieurs vidéos et les zones d’ombre autour de programmes spéciaux non reconnus — comme l’allégation dite Immaculate Constellation — tempèrent l’enthousiasme. Ce que ces fichiers prouvent, c’est que le gouvernement américain documente le phénomène depuis des décennies. Ce qu’ils suggèrent reste, pour l’essentiel, ouvert à l’interprétation. La vérité, comme le rappelle le titre emprunté à X-Files, est peut-être encore là-bas.
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